Vanoise , Auvergne-Rhône-Alpes , Aller-retour
Description du parcours
La vallée de Chavière s'enfonce plein sud depuis Pralognan sur douze kilomètres jusqu'au col de Chavière, entre les Glaciers de la Vanoise à l'est et le massif de Péclet-Polset à l'ouest. Le GR 55 la remonte entièrement, et le refuge de Péclet-Polset, posé sur un verrou glaciaire à 2 479 m, en est le but classique. Un quart d'heure plus haut, le lac Blanc n'existait pas encore au XVIIIe siècle : il s'est formé avec le retrait du glacier de Gébroulaz, dont l'eau de fonte lui donne sa couleur laiteuse. C'est une longue journée, 20 km, mais sur un terrain roulant et sans passage technique jusqu'au refuge.
Du parking du Pont de la Pêche, prendre la piste carrossable de gauche vers Montaimont, un alpage communautaire depuis 1921 dont une ancienne cave à sérac est devenue cabane des gardes du Parc. Après le hameau, on franchit le Doron de Chavière pour rejoindre le refuge du Roc de la Pêche (1 911 m), un refuge-hôtel privé avec terrasse, à côté duquel subsistent les restes d'un four à chaux. La piste continue en rive gauche du Doron, dans des pâturages qui sont le domaine du tétras-lyre, jusqu'à l'alpage de Ritort (1 971 m) : ici, en zone AOP Beaufort d'alpage, le fromager fabrique 4 à 5 meules par jour et du sérac avec le petit-lait, et le toit du bâtiment est encore couvert d'ancelles, les tuiles de bois fendu. Plus haut, les « arbés » sont des cabanes à toit amovible que les bergers déplaçaient avec le troupeau.
La piste devient sentier après Ritort et s'élève par paliers dans le haut de la vallée, sous la pointe de l'Observatoire (3 015 m). Les marmottes sont partout, les bouquetins fréquents sur les pentes de droite en fin de journée. Le refuge de Péclet-Polset (2 479 m), reconstruit récemment, bâtiment neuf et lumineux de 84 places gardé de mi-juin à mi-septembre, marque le passage à l'ambiance alpine : il est bâti sur un verrou où les couches géologiques sont inversées, les plus anciennes au-dessus des plus récentes, une « tarte tatin » retournée par la formation des Alpes.
On contourne le refuge par la droite et on suit le sentier vers le lac Blanc (2 430 m) : 1,2 km sur des dalles de calcaire du Trias, jaunâtres et parcourues de traces bleutées qui sont des terriers fossiles de vers marins, avec un court passage en rocher nu et une micro-falaise à contourner. Le lac est au pied du glacier de Gébroulaz, face au col du Soufre, à la pointe de l'Observatoire et à la pointe du Râteau. Le retour se fait par le même itinéraire, 3h de descente jusqu'au Pont de la Pêche.
Points d'intérêt
Alpage communautaire depuis 1921 : deux habitations d'estive, des halles (écuries) dont une héberge des cochons, et l'ancienne cave à sérac devenue cabane des gardes-moniteurs du Parc. Le sérac est le fromage frais du petit-lait du beaufort, à manger avec de la confiture.
Refuge-hôtel privé avec restaurant et terrasse, ouvert l'été, tél. 04 79 08 79 75. Vestiges d'un four à chaux à côté : le calcaire y était cuit à plus de 1 000 °C pour le mortier et les crépis des bâtiments d'alpage. Dernier point d'eau sûr avant le refuge de Péclet-Polset.
Fromagerie d'alpage en zone AOP Beaufort d'alpage : 4 à 5 meules par jour l'été, sérac avec le petit-lait, vente sur place. Toit d'ancelles (tuiles de bois fendu) lesté de lauzes. Fin de la piste carrossable, début du sentier.
Cabanes à toit amovible sur soubassement de pierre, qu'on déplaçait en « tramées » pour suivre les vaches laitières. Le sentier monte par paliers dans les pelouses alpines : pipit spioncelle, marmottes, gentianes jaunes sur les pentes de la Motte.
Refuge FFCAM de 84 places, gardé de mi-juin à mi-septembre (16 places hors gardiennage), repas à la journée, paiement en espèces uniquement. Tél. 06 63 68 46 92. Pas de bivouac autour du refuge. Bâti sur un verrou glaciaire aux couches géologiques inversées.
Point haut du parcours (2 510 m) puis dalles de calcaire du Trias, jaunâtres à traces bleutées : des terriers fossiles de vers marins vieux de plus de 200 millions d'années. Passage en rocher nu et micro-falaise, attention par temps humide.
Lac de fonte du glacier de Gébroulaz, apparu après le XVIIIe siècle avec le recul du glacier, d'un blanc laiteux dû à la farine glaciaire. Vue sur le col du Soufre, la pointe de l'Observatoire (3 015 m) et la pointe du Râteau. Craves à bec rouge dans les falaises. Demi-tour ici.
Informations pratiques
À savoir avant de partir
Équipement recommandé
Variantes et extensions
Sur piste, sans difficulté : 5 km aller-retour et 160 m D+ jusqu'au Roc de la Pêche (1h45), 8,5 km et 230 m D+ jusqu'à l'alpage de Ritort (3h). La sortie familiale de la vallée de Chavière, avec le beaufort d'alpage à l'arrivée. Poussette tout-terrain possible jusqu'à Ritort.
Dormir à Péclet-Polset et monter le lendemain au col de Chavière (2 796 m), point culminant du GR 55 et le plus haut col franchi par un GR en France : 320 m D+ et 2h30 aller-retour depuis le refuge, terrain d'éboulis. Descente possible en Maurienne sur le refuge de l'Orgère (second véhicule ou car depuis Modane).
Le VTT est autorisé sur la piste carrossable jusqu'au refuge de Péclet-Polset, et uniquement sur elle. Bonne option pour raccourcir la journée à pied : vélo jusqu'au refuge, puis sentier du lac Blanc à pied (le sentier après le refuge est interdit aux vélos et impraticable aux chevaux).
Péclet-Polset est une étape du Tour des Glaciers de la Vanoise, itinérance de 5 à 7 jours par les refuges de l'Orgère, du Fond d'Aussois, de l'Arpont et du Col de la Vanoise : 64 à 82 km selon la version, 4 000 à 5 200 m D+.